Pour Jacqueline Cachemire-Thôle, goûters oubliés, doux souvenirs

Extrait foodîles numéro 2

Dans sa grande et belle maison créole aux innombrables objets, fragments de la culture et de l’histoire de la Guadeloupe, Jacqueline Cachemire-Thôle s’est facilement plongée dans ses souvenirs afin de livrer ses goûters oubliés. Cette fille de marchande se rappelle encore des saveurs, des parfums et des douceurs que fabriquait sa mère.Focus

Jacqueline Cachemire-Thôle est notamment connue pour avoir fondé l’Akadémiduka, la première école de danses traditionnelles, en 1986, et oeuvré sans relâche afin que la culture, les traditions guadeloupéennes, soient préservées et bien mises en lumière.

Jacqueline Cachemire-Thôle : J’ai la charce d’avoir grandi à une époque très riche culturellement. Nos mamans excellaient dans l’art d’utiliser tous les produits du pays pour cuisiner des mets salés et sucrés. En matière de goûter, j’ai été une enfant bichonnée et gâtée, parce que ma mère était une marchande de bonbons, c’est-à-dire qu’elle réalisait toutes les petites sucreries de l’époque appelées « sik », les gâteaux nommés « bonbon ». Elle les vendait ensuite dans un panier-corbeille ou dans une vitrine

Q : Quelles étaient ces sucreries ?
JCT : Des Sik a coco « gragés » à téte rose, hâchés (tablettes), doucelettes, grabyo, sikdoj (sucre dorge), pipilit, sik a patate, dentelles au four… Je salue et encourage les personnes qui s’appliquent à reproduire ces dernières, mais elles n’ont plus le goût de celles de ma mère. Je n’oublie pas ces délicieuses saveurs. Je me souviens très bien également du goùt des nèg an sak dans un cornet, très difficiles à trouver. A ceux-là, s’ajoutaient les gâteaux appelés doukoun, les pâtés coco, abrioot, les pains doux, tourments d’amour et les puddings.

Q : D’autres goûters qui ont marqué votre enfance ?
JCT : Ma mère préparait aussi des goûters qu’elle ne vendait pas. Par exemple. elle faisait rôtir sur le charbon des patates douces et des morceaux de fruit à pain. Une fois sortis de récole. nous nous régalions. Nous mangions aussi des chataignes, dendés, cocos secs roussis, des topinambours, de la farine de manioc (mélangée au sucre de canne ou au sirop batterie), de la crème de maïs. J’ai toujours aussi beaucoup apprécié le kilibibi mélangé à du lait, cela donnait une crème appelée kouclou, qui a complètement disparu.

Autre régal, prenez un « tété â pain» et, avec votre doigt, faites un trou dans la mie et ajoutez quelques gouttes d’huile, pressez…. Un délice. Pour varier, un peu de sucre. Mmmm !

 

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